Les cokeries, essentielles à la production de coke pour la sidérurgie, présentent des conditions de travail particulièrement exigeantes. Entre manipulation de matières chaudes, exposition aux gaz toxiques et équipements lourds, les opérateurs sont confrontés à une diversité de risques professionnels. Selon l’INRS, 35 à 40 % des accidents dans les industries extractives concernent des installations de transformation comme les cokeries, et près de 12 % des travailleurs développent des pathologies respiratoires à long terme.
Les cokeries génèrent des gaz extrêmement nocifs, tels que le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre et les hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP). Ces substances peuvent provoquer des intoxications immédiates : maux de tête, vertiges, nausées, mais également des maladies respiratoires chroniques et cancers après exposition prolongée.
Une étude conjointe de l’INRS et de l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail montre que 12 % des opérateurs exposés aux HAP sur plus de dix ans développent des pathologies respiratoires graves, et que plus de 8 % présentent des atteintes hépatiques ou dermatologiques liées aux hydrocarbures.
Pour limiter ces risques, plusieurs mesures sont recommandées :
Dans certaines cokeries européennes, ces dispositifs ont permis de réduire l’exposition moyenne de 60 %, selon les rapports de l’INRS 2024.
Les fours à coke fonctionnent à plus de 1000 °C, et la manipulation du charbon et du coke incandescents expose les opérateurs aux brûlures thermiques et aux projections de matériaux chauds. D’après l’INRS, 18 % des accidents déclarés dans les cokeries concernent les brûlures, certaines entraînant une incapacité temporaire prolongée, voire des séquelles permanentes.
Des exemples concrets montrent l’importance de la prévention : en 2023, une cokerie du nord de la France a enregistré 3 brûlures graves sur opérateurs lors du nettoyage de fours, toutes liées à un défaut de protection ou à une procédure non respectée.
Pour réduire ces risques :
Certaines cokeries ayant mis en place des barrières physiques et des zones de travail sécurisées ont constaté une baisse de 40 % des accidents thermiques en deux ans.
Le transport du coke et du charbon implique des chariots, convoyeurs et palans, souvent manipulés à haute fréquence. Les opérateurs sont exposés aux troubles musculo-squelettiques (TMS), aux tensions musculaires et aux accidents de type écrasement ou chute.
Selon l’ANACT, 25 % des opérateurs de cokerie souffrent de TMS, avec une incidence plus élevée sur les épaules et le bas du dos. Des incidents documentés en 2024 dans une cokerie belge ont montré que 2 opérateurs sur 10 souffraient de douleurs chroniques nécessitant un aménagement de poste.
Pour prévenir ces accidents :
Les cokeries qui ont appliqué ces mesures ont constaté une réduction des TMS de près de 30 % en trois ans, tout en augmentant la productivité.
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Au-delà des équipements, la formation et le suivi régulier des opérateurs sont essentiels pour réduire les risques. Les mesures efficaces incluent :
Les entreprises appliquant ces mesures observent des résultats concrets : d’après l’INRS, une cokerie ayant instauré un programme complet de formation et suivi a réduit de 35 à 40 % ses accidents déclarés en l’espace de deux ans.
De plus, ces pratiques favorisent un climat de sécurité durable, réduisent l’absentéisme et augmentent l’efficacité opérationnelle, car les opérateurs travaillent en confiance et en connaissance des risques.