La sécurité sur les lieux de travail est encadrée par des règles précises. Parmi elles, la présence de Salariés Sauveteurs Secouristes du Travail (SST) est une obligation légale qui vise à assurer une intervention rapide en cas d’accident. Mais déterminer combien de SST doivent être présents sur un site n’est pas aussi simple qu’un chiffre fixe : cela dépend de plusieurs paramètres liés à la taille, aux effectifs et aux activités de l’entreprise.
Pour les petites entreprises, le Code du travail ne demande pas une multitude de salariés formés. Dans les structures comptant moins de 20 salariés, un SST peut suffire à condition que le site présente des risques modérés et qu’un accès rapide aux secours externes soit possible.
Cependant, cette règle ne dispense pas l’employeur de rester vigilant : même sur un petit site, un accident peut survenir à tout moment. La présence d’au moins un salarié formé permet d’intervenir immédiatement et de limiter la gravité d’un incident. Dans ces contextes, l’employeur doit veiller à ce que ce salarié soit disponible pendant toute la durée d’activité, y compris lors des pauses ou des absences temporaires.
Dans les entreprises de taille moyenne à grande, un seul salarié SST ne suffit plus. Le Code du travail indique que le nombre de salariés formés doit être proportionnel au nombre d’employés et aux types de risques présents sur le site.
Par exemple, les sites industriels, chantiers et locaux à forte densité de personnel nécessitent plusieurs SST pour assurer une couverture rapide sur toutes les zones critiques. Les activités impliquant produits chimiques, travaux en hauteur ou machines dangereuses exigent également un effectif SST plus important afin que chaque incident potentiel puisse être traité rapidement.
Certaines conventions collectives ou accords internes précisent le nombre minimal de SST en fonction de l’effectif. Une règle couramment appliquée consiste à prévoir un SST pour 20 à 50 salariés, avec une augmentation en fonction de l’exposition aux dangers.
La simple taille de l’entreprise ne suffit pas pour définir le nombre de SST : la nature de l’activité et le niveau de risque doivent être pris en compte. Sur un site avec des machines industrielles, des produits chimiques ou des travaux en hauteur, chaque zone doit pouvoir bénéficier d’une intervention rapide.
L’employeur doit identifier les zones à forte densité ou à haut risque et veiller à ce qu’un salarié SST soit disponible pour ces espaces. Cela peut nécessiter la formation de plusieurs salariés sur un même site afin de garantir une couverture adéquate et éviter toute vulnérabilité en cas d’accident.
La présence physique des SST sur le site ne suffit pas si elle n’est pas assurée en continu. Un SST absent ou indisponible lors d’un incident ne permet pas de respecter la réglementation. L’employeur doit donc planifier la répartition des SST de manière à ce qu’au moins un salarié formé soit présent à tout moment.
Dans les entreprises avec plusieurs équipes ou des horaires décalés, il est fréquent de former plusieurs salariés afin de couvrir l’ensemble des plages horaires. Cette organisation permet de réagir immédiatement à un accident, quel que soit le moment où il survient.
Même si la loi n’impose pas de chiffre exact dans tous les cas, il est possible de déterminer un effectif adapté à chaque site :
En procédant ainsi, l’entreprise respecte la loi tout en assurant la sécurité de ses collaborateurs. Selon l’INRS, la présence de salariés formés sur chaque site peut réduire de 20 à 30 % la gravité des accidents, ce qui souligne l’importance de ce dispositif.
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Ne pas disposer du nombre suffisant de SST peut entraîner des sanctions légales. Les contrôles de l’Inspection du travail vérifient la présence et la disponibilité des salariés formés sur chaque site.
En cas de manquement, l’employeur peut être tenu responsable et exposé à des amendes, voire à des poursuites en cas d’accident grave. Au-delà de la sanction, un site sans SST ou avec un effectif insuffisant augmente le risque que les accidents deviennent plus graves ou que les interventions soient retardées.